Au cœur de la province ensoleillée de Ninh Thuan, berceau de la culture Cham au Vietnam, se niche un lieu où le temps semble suspendu : le village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan. Dans ce village ancestral, les métiers à tisser résonnent encore au rythme des mains habiles des femmes Cham, perpétuant une tradition multiséculaire. Ici, chaque étoffe raconte une histoire, chaque motif reflète une croyance, et chaque couleur incarne une identité culturelle forte.
Visiter ce village, c’est plonger dans un univers où le patrimoine immatériel s’allie à la beauté des gestes artisanaux, offrant une expérience unique aux voyageurs en quête d’authenticité.
Le peuple Cham, héritier du royaume du Champa, a laissé de profondes empreintes dans le centre et le sud du Vietnam. Parmi ses traditions, l’art du tissage occupe une place centrale, non seulement comme moyen de subsistance mais aussi comme expression de son identité culturelle et spirituelle.
Le tissage Cham trouve ses racines il y a plus de mille ans, à l’époque où le royaume du Champa prospérait sur les côtes du centre du Vietnam. Héritières d’une civilisation ouverte aux échanges maritimes, les femmes Cham ont su assimiler des influences indiennes et malaises dans leurs techniques, tout en les adaptant à leur propre univers culturel. Les métiers à tisser rudimentaires en bois, toujours utilisés aujourd’hui, rappellent cette continuité étonnante entre passé et présent. Chaque geste, transmis de mère en fille, est chargé d’histoire et incarne la persévérance d’un peuple qui a su préserver son identité malgré les bouleversements des siècles. Ainsi, une simple étoffe produite au village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan devient un témoignage vivant de l’ingéniosité et de la mémoire des ancêtres Cham.
Au-delà de leur beauté esthétique, les motifs des étoffes Cham sont de véritables récits codés. Un losange ou une ligne brisée n’est pas un simple ornement : il symbolise souvent la fertilité, l’harmonie du couple ou la prospérité de la famille. Les spirales évoquent la force vitale et la connexion entre l’homme et la nature, tandis que certaines formes animales, comme l’oiseau ou le serpent, incarnent la protection spirituelle. Lors des grandes fêtes religieuses ou des mariages, porter un tissu tissé à My Nghiep revient à s’entourer de bénédictions invisibles, une manière subtile de dialoguer avec les ancêtres et les divinités protectrices. Ce langage des motifs transforme chaque étoffe en un objet sacré, à la fois parure, talisman et mémoire collective.
À My Nghiep, le tissage est bien plus qu’un métier : c’est un ciment social et identitaire. Chaque foyer possède au moins un métier à tisser, et l’activité rythme la vie quotidienne du village. Les femmes se retrouvent souvent pour travailler côte à côte, échanger des conseils, chanter des airs traditionnels et transmettre leur savoir aux jeunes générations. Le tissage devient ainsi un rituel qui unit les familles et renforce la solidarité communautaire. Lors des fêtes Cham, les tissus colorés sont exposés fièrement comme un signe d’appartenance et de fierté culturelle. Pour les habitants, perpétuer cette tradition, c’est non seulement préserver une source de revenu, mais surtout maintenir un lien fort avec leurs racines, leur histoire et leur identité commune.
Dans le village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan, la transmission du savoir-faire ne se fait pas dans des écoles ou des ateliers modernes, mais au sein même des foyers. Dès l’enfance, les filles observent leurs mères et leurs grand-mères, apprennent à filer le coton, à choisir les teintures et à manipuler le métier à tisser. Les premières leçons consistent souvent à préparer les fils ou à reproduire des motifs simples, avant de s’attaquer aux compositions plus complexes. Cette transmission douce et progressive garantit la pérennité d’un art multiséculaire et permet à chaque génération d’apporter sa propre sensibilité. Ainsi, les jeunes femmes Cham perpétuent les traditions tout en les adaptant parfois aux goûts contemporains, créant un pont entre passé et avenir.
Le tissage est indissociable de la place centrale qu’occupent les femmes dans la société Cham. Ce sont elles qui portent sur leurs épaules la sauvegarde de ce patrimoine immatériel. Leur rôle dépasse la simple production : elles sont gardiennes des secrets des motifs, de la symbolique des couleurs et du rythme des fêtes. Dans un village où chaque famille vit en grande partie de l’artisanat, la femme devient à la fois artiste, enseignante et pilier économique. Leur savoir est respecté, leur patience admirée, et leur créativité reconnue. Sans elles, le village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan ne serait pas ce foyer vibrant de traditions, mais un simple village rural.
Le tissage ne prend tout son sens qu’à travers les fêtes et rituels Cham, moments où les étoffes deviennent messagères de la culture. Lors de la fête Kate, l’une des plus importantes, les villageois revêtent des habits traditionnels magnifiquement tissés pour honorer les ancêtres et les divinités. Chaque costume choisi exprime une prière silencieuse : santé, prospérité, fécondité. Dans les mariages, les tissus sont offerts en dot, symbolisant l’attachement de la femme à sa famille et la bénédiction des ancêtres pour le couple. Même dans les funérailles, certaines étoffes jouent un rôle sacré, accompagnant l’âme du défunt vers le repos éternel. Ces pratiques démontrent que le tissage, à My Nghiep, dépasse la fonction utilitaire pour devenir un véritable langage rituel et spirituel.
Le village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan se trouve à seulement une dizaine de kilomètres de Phan Rang – Thap Cham, la capitale provinciale. Ce court trajet permet déjà de plonger dans un autre univers : celui des traditions Cham, préservées depuis des siècles. Proche de la ville mais encore empreint d’authenticité, le village constitue une halte idéale pour ceux qui souhaitent découvrir l’âme culturelle de la région.
Depuis Ho Chi Minh-Ville, il faut compter entre six et sept heures de route pour rejoindre Phan Rang. Les voyageurs peuvent choisir de se déplacer en voiture privée, pour plus de confort et de flexibilité, ou d’emprunter le train, une option pittoresque qui traverse les paysages variés du littoral sud-vietnamien. Une fois arrivés à Phan Rang, une courte route bordée de champs et de petits hameaux conduit directement au village, où les métiers à tisser résonnent encore au rythme ancestral des mains Cham.
La région de Ninh Thuan offre un décor singulier et contrasté. On y découvre des plaines arides ponctuées de cactus, des vignobles verdoyants qui produisent le fameux raisin local, ainsi que des troupeaux de moutons en liberté, image insolite dans le paysage vietnamien. À l’horizon, se dressent les majestueuses tours Cham millénaires, témoins d’un passé glorieux. L’arrivée au village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan se vit ainsi comme une immersion dans un tableau où la nature rude, la mémoire historique et les traditions vivantes s’entrelacent avec harmonie, créant une atmosphère à la fois unique et dépaysante.
Le savoir-faire du village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan repose sur des techniques ancestrales remarquablement préservées. Transmis au fil des générations, cet art n’a pratiquement pas changé depuis des siècles. Les métiers à tisser en bois, fabriqués artisanalement, fonctionnent encore sans mécanisation, laissant toute la place à la patience et à l’habileté des tisseuses. Chaque étape du processus, depuis le choix du coton ou du chanvre jusqu’à la teinture naturelle, exige une précision minutieuse et un sens artistique hérité des ancêtres. Les femmes Cham utilisent des motifs symboliques – losanges, vagues, fleurs stylisées – qui reflètent leur lien profond avec la nature et la spiritualité. Ainsi, chaque pièce de tissu devient à la fois un objet utilitaire et une œuvre d’art, portant l’empreinte unique de la culture Cham.
Les femmes Cham utilisent des métiers à tisser en bois qui, à première vue, paraissent rudimentaires, mais qui révèlent en réalité une ingéniosité remarquable. Chaque pièce de bois est taillée et assemblée avec soin, souvent transmise de génération en génération comme un héritage familial. Le mécanisme, basé sur un jeu de poulies et de pédales, permet de tendre les fils de chaîne et de guider les navettes avec une fluidité surprenante.
Le mouvement régulier du va-et-vient des navettes n’est pas seulement mécanique : il exige une concentration intense, une patience infinie et une grande dextérité. Les artisanes doivent coordonner leurs mains et leurs pieds dans une cadence précise, presque musicale. Une erreur de rythme ou un fil mal positionné peut compromettre tout le motif. Ainsi, chaque étoffe devient le fruit d’un savoir-faire méticuleux où se mêlent discipline, sens esthétique et amour du métier.
Ce ballet discret, répété des centaines de fois par jour, donne vie à des tissus aux motifs géométriques complexes et aux couleurs éclatantes, témoins vivants de l’identité culturelle Cham. Observer une femme tisser, c’est assister à une danse silencieuse entre tradition et créativité.
Autrefois cultivé en abondance dans les plaines ensoleillées de Ninh Thuan, le coton représentait la matière première principale des tisseuses Cham. Récolté à la main, puis filé avec patience grâce à des rouets traditionnels, il donne un fil souple et résistant, idéal pour créer des étoffes confortables. Aujourd’hui, bien que la culture locale ait diminué, le coton demeure privilégié pour son toucher doux et sa capacité à absorber les teintures naturelles, offrant ainsi des tissus à la fois agréables à porter et riches en nuances.
Outre le coton, les artisanes du village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan utilisent d’autres fibres végétales et animales qui confèrent aux tissus une qualité exceptionnelle. Le chanvre, robuste et légèrement rugueux, est apprécié pour sa durabilité et ses usages utilitaires. Quant à la soie, elle est réservée aux pièces de prestige ou aux vêtements de cérémonie, car sa brillance naturelle et sa légèreté en font un textile raffiné. Ces matières rares, souvent plus coûteuses, témoignent du savoir-faire diversifié et de l’adaptation des tisseuses Cham aux besoins variés de leur communauté.
La magie des étoffes Cham réside dans leurs couleurs éclatantes, obtenues grâce à des procédés de teinture entièrement naturels. Les artisanes extraient les pigments des feuilles, des écorces et des racines de plantes locales. L’indigo, issu de feuilles fermentées, offre un bleu profond rappelant le ciel nocturne. Le bois de sapan donne un rouge carmin vibrant, symbole de vitalité et de prospérité. Quant au curcuma et à d’autres racines jaunes, ils apportent une teinte dorée évoquant la lumière du soleil. Ces couleurs, fixées par des techniques traditionnelles, ne se fanent pas facilement et confèrent aux tissus un éclat durable, chargé de symbolisme culturel et spirituel.
Les motifs géométriques tissés au village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan évoquent la silhouette élancée des tours Cham qui parsèment encore aujourd’hui la région. Ces lignes droites, chevrons et losanges stylisés ne sont pas de simples ornements : ils traduisent la puissance spirituelle des temples, la solidité de la foi et l’enracinement d’un peuple dans son territoire. Chaque motif géométrique, tissé avec minutie, est un hommage discret mais profond à l’architecture majestueuse de la civilisation Cham.
Les artisans intègrent aussi des formes inspirées de la nature et des mythes. Les fleurs délicates rappellent l’importance de la fertilité de la terre aride de Ninh Thuan, où chaque bourgeon est perçu comme un miracle. Les oiseaux aux ailes déployées symbolisent la liberté, la paix et la communication avec les ancêtres. Quant aux serpents ondulants, ils font référence aux récits cham sur les divinités aquatiques, gardiennes des rivières et de la pluie, éléments essentiels à la survie dans cette région semi-désertique. Ces dessins confèrent aux étoffes une dimension mystique et poétique, où chaque fil semble murmurer une légende ancestrale.
Dans les costumes traditionnels Cham, notamment ceux portés lors des mariages ou des grandes fêtes religieuses, abondent des motifs représentant la fécondité et la prospérité. Ces symboles, souvent stylisés sous forme de graines, de ventres arrondis ou de champs fertiles, traduisent le souhait d’une descendance nombreuse et d’une vie prospère pour la famille. Les couleurs intenses – rouge, jaune, vert – renforcent cette symbolique de vitalité et d’abondance. Porter une telle tenue, c’est revêtir non seulement un habit de fête, mais aussi une prière vivante, tissée avec l’espoir d’un avenir florissant.
Dans ce haut lieu de l’artisanat Cham, chaque objet est une œuvre imprégnée d’histoire et de symbolisme. Les produits, réalisés entièrement à la main, allient raffinement esthétique et utilité pratique, ce qui explique pourquoi ils conquièrent aussi bien les habitants que les voyageurs venus de loin.
Les écharpes et foulards issus du village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan se distinguent par leur légèreté et leur confort. Les artisanes Cham maîtrisent l’art subtil d’associer les couleurs vives et contrastées, souvent inspirées de la nature environnante : le bleu indigo rappelant le ciel, le rouge évoquant la vitalité ou encore le jaune doré symbole de prospérité. Ces pièces sont idéales pour le quotidien, que ce soit pour se protéger du soleil ou pour ajouter une touche d’élégance à une tenue moderne.
Les costumes Cham traditionnels incarnent l’âme du peuple Cham. Tissés avec une patience infinie, ils sont portés lors des mariages, des fêtes religieuses comme la fête de Kate, ou encore lors des cérémonies communautaires. Chaque vêtement se distingue par des motifs géométriques ou floraux qui ne sont pas seulement décoratifs, mais chargés de sens spirituel et culturel. En les revêtant, les habitants expriment leur respect pour leurs ancêtres et leur fierté identitaire. Pour les voyageurs, admirer ou essayer un tel costume est une immersion unique dans la culture vivante de la région.
Les sacs, tapis et tentures tissés à My Nghiep ne sont pas de simples accessoires, mais de véritables créations artistiques adaptées à l’usage contemporain. Les sacs, souvent ornés de motifs traditionnels, séduisent par leur robustesse et leur originalité. Les tapis, quant à eux, habillent les intérieurs modernes en apportant une touche d’authenticité, tandis que les tentures murales révèlent l’histoire et les croyances du peuple Cham. Ces objets trouvent parfaitement leur place dans les maisons actuelles, créant un lien harmonieux entre tradition artisanale et décoration moderne.
La force du village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan réside aussi dans la capacité de ses artisanes à créer des produits sur mesure. Que ce soit une étoffe aux dimensions spécifiques, un vêtement personnalisé ou une pièce décorative aux couleurs demandées, les tisseuses adaptent leur savoir-faire aux besoins des clients. Cette flexibilité séduit particulièrement les voyageurs étrangers qui souhaitent rapporter un souvenir unique, mais aussi les habitants locaux désireux de posséder une création exclusive pour un mariage ou une cérémonie.
Ce village représente une véritable micro-société où le tissage ne se limite pas à une activité économique. Il traduit un mode de vie collectif, empreint de simplicité et de solidarité. Chaque maison dispose d’un métier à tisser, et les habitants considèrent cette pratique comme une part indissociable de leur identité. Les visiteurs ressentent immédiatement cette atmosphère conviviale où la culture, la spiritualité et l’artisanat se mêlent dans le quotidien.
Au lever du soleil, quand le village s’éveille doucement, les femmes Cham prennent place derrière leurs métiers en bois. Le claquement régulier des navettes et le frottement des fils forment une mélodie caractéristique qui accompagne les heures. Leurs gestes, à la fois précis et gracieux, témoignent d’une maîtrise acquise au fil des années. Travaillant souvent à la lumière naturelle, elles transforment les fils de coton et de soie en étoffes vibrantes de couleur, chacune portant une part de l’âme Cham.
Dans le village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan, la transmission du savoir-faire est une évidence. Les petites filles grandissent au milieu des étoffes, observant attentivement les mains agiles de leurs aînées. Peu à peu, elles apprennent à filer, à teindre puis à manier la navette. Cette éducation silencieuse, mais constante, assure la survie d’un patrimoine immatériel précieux. Pour elles, le tissage n’est pas seulement une compétence artisanale, mais aussi un héritage culturel et spirituel à préserver.
Chaque année, lors des grandes fêtes Cham, notamment la fête Kate, les tissus issus du village prennent une dimension sacrée. Les habitants revêtent leurs plus beaux vêtements tissés à la main pour honorer les ancêtres et célébrer les divinités. Les motifs symboliques ornant les tenues ne sont pas choisis au hasard : ils expriment la gratitude, la prospérité et le lien indéfectible entre la communauté et ses racines. Durant ces célébrations, le tissage dépasse son rôle utilitaire pour devenir un vecteur de spiritualité et d’unité collective.
Se rendre au village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan, c’est franchir un seuil où l’on quitte le simple rôle de spectateur pour devenir acteur d’une expérience vivante. L’atmosphère est chargée du cliquetis régulier des métiers à tisser, du parfum des teintures végétales et des sourires bienveillants des artisanes. Ici, chaque visiteur est invité à plonger dans le quotidien des Cham, à comprendre l’histoire et la symbolique qui se cachent derrière chaque étoffe.
Les démonstrations proposées par les habitantes sont de véritables leçons d’art et de patience. Les voyageurs découvrent comment un fil de coton brut devient un tissu richement coloré : préparation et teinture des fibres avec des pigments naturels, séchage au soleil pour fixer les nuances, tissage minutieux où chaque geste est précis et harmonieux, finition et contrôle de qualité avant que l’étoffe ne soit proposée.
Observer ces étapes, c’est mesurer le savoir-faire accumulé au fil des siècles et l’ingéniosité d’une technique artisanale préservée malgré la modernité.
L’expérience devient encore plus enrichissante lorsque l’on passe soi-même derrière le métier à tisser. Sous l’œil attentif et la guidance douce des artisanes, les visiteurs apprennent à insérer une navette, à tendre les fils ou à aligner les motifs. Bien sûr, il faut de la patience et de la dextérité, mais l’essai, même maladroit, procure une joie unique. Cette immersion interactive éclaire la richesse et la complexité de l’artisanat, tout en tissant un lien profond avec celles qui préservent ce savoir ancestral.
Le tissage n’est pas qu’un savoir-faire, c’est aussi une culture. Après la visite des ateliers, les habitants invitent volontiers les voyageurs à partager un thé parfumé ou quelques douceurs locales. C’est l’occasion d’écouter des récits familiaux, des légendes Cham où apparaissent les esprits protecteurs, ou encore des anecdotes sur la vie quotidienne du village. Ces moments simples mais sincères donnent une dimension humaine à la découverte, laissant une impression de proximité et d’amitié.
Enfin, emporter chez soi une étoffe de My Nghiep, c’est bien plus qu’acheter un objet. C’est soutenir directement les femmes qui, chaque jour, s’acharnent à préserver leur métier. C’est aussi contribuer à la pérennité d’une tradition menacée par la production industrielle. Les foulards, sacs, tapis ou vêtements traditionnels proposés ne sont pas seulement de beaux souvenirs de voyage : ils sont les témoins tangibles d’un patrimoine vivant, et chaque motif tissé porte en lui l’âme d’un peuple.
Avec l’ouverture du marché et la mondialisation, les produits textiles industriels inondent les villes et les campagnes du Vietnam. Fabriqués en série, vendus à bas prix et aux motifs standardisés, ils séduisent une partie des consommateurs à la recherche de praticité. Face à cette concurrence féroce, les étoffes issues du village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan peinent parfois à trouver leur place. Pourtant, contrairement aux produits industriels, chaque pièce tissée à la main incarne des heures de travail minutieux et une richesse culturelle irremplaçable.
Autrefois, chaque petite fille Cham apprenait dès son plus jeune âge à filer le coton, à manipuler la navette et à reproduire les motifs de ses aïeules. Aujourd’hui, la jeunesse aspire souvent à des carrières modernes en ville, attirée par la stabilité financière et l’influence urbaine. Le métier de tisserande, exigeant et peu rémunérateur, ne suscite plus la même vocation. Si cette tendance se poursuit, le savoir-faire millénaire du village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan risque de s’éteindre avec les générations les plus âgées.
Heureusement, plusieurs actions concrètes ont été mises en place pour préserver cet héritage précieux :
Classement en patrimoine culturel immatériel local : cette reconnaissance officielle souligne l’importance du tissage Cham dans l’identité culturelle vietnamienne et attire l’attention des institutions sur la nécessité de le protéger.
Programmes de formation et d’ateliers dans les écoles Cham : afin de sensibiliser les jeunes, certaines écoles intègrent désormais des cours pratiques où les enfants découvrent les techniques de base du tissage et l’histoire de leurs ancêtres.
Coopératives artisanales : regroupant les femmes du village, elles permettent non seulement de mutualiser les ressources mais aussi de mieux commercialiser les produits. Grâce à ces coopératives, les artisanes peuvent vivre plus dignement de leur art, en vendant directement aux voyageurs ou à des distributeurs équitables.
Ces efforts conjugués contribuent à donner une nouvelle vitalité au village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan, tout en encourageant un tourisme responsable et une meilleure valorisation du patrimoine Cham.
Un voyage au village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan peut être enrichi par d’autres étapes qui dévoilent la richesse culturelle et naturelle de la région :
Érigées au XIIIᵉ siècle, ces tours majestueuses sont les symboles les plus emblématiques du patrimoine Cham. Dédiées au roi légendaire Po Klong Garai, elles impressionnent par leur architecture en briques rouges parfaitement assemblées sans mortier, leurs sculptures raffinées et l’atmosphère mystique qui y règne. Chaque année, les Cham y célèbrent la fête de Kate, l’une de leurs plus importantes cérémonies religieuses, où chants, danses et offrandes rendent hommage aux ancêtres.
Situé à seulement quelques kilomètres de My Nghiep, Ce village est reconnu comme l’un des plus anciens berceaux de la poterie en Asie du Sud-Est. Ici, l’argile est façonnée à la main, sans tour de potier, puis cuite dans des fours rudimentaires à ciel ouvert. Chaque pièce – jarres, vases, statuettes – reflète une harmonie entre utilité quotidienne et esthétique spirituelle. Les visiteurs peuvent observer les artisans à l’œuvre et même s’essayer à la création de leur propre objet en argile, une expérience ludique et mémorable.
Ninh Thuan est surnommée le « petit Bordeaux du Vietnam » en raison de ses conditions climatiques idéales pour la viticulture. Dans les vallées ensoleillées, les rangées de vignes s’étendent à perte de vue, offrant un paysage surprenant au cœur du pays. Les visiteurs peuvent parcourir les vignobles, déguster le raisin frais directement cueilli sur la treille et découvrir les spécialités locales comme le jus de raisin, le vin léger ou encore les confitures artisanales. Une pause gourmande qui complète parfaitement une immersion culturelle.
Après la découverte des traditions Cham et des vignobles, rien de mieux qu’un moment de détente au bord de la mer. La plage de Ninh Chu, avec son sable doré et ses eaux calmes, est idéale pour les familles et les amateurs de baignade. Plus au sud, Ca Na séduit par son charme sauvage, ses rochers pittoresques et son ambiance authentique de village de pêcheurs. Ces deux plages offrent des couchers de soleil spectaculaires, parfaits pour clore une journée riche en découvertes.
La meilleure période pour découvrir le village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan s’étend de fin octobre à début avril, correspondant à la saison sèche. À ce moment-là, le climat est ensoleillé, les températures oscillent entre 25 et 30 °C, et les pluies sont rares. C’est donc l’occasion idéale pour admirer les paysages arides typiques de Ninh Thuan, parcourir ses villages artisanaux et assister aux activités de tissage sans craindre l’humidité. De plus, certaines fêtes Cham comme le Kate tombent durant cette période, offrant un spectacle culturel inoubliable.
Dans le village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan, les transactions se font principalement en espèces. Les cartes bancaires y sont rarement acceptées et les distributeurs automatiques inexistants. Il est donc recommandé d’apporter suffisamment de liquidités, en petites coupures, pour régler vos achats d’étoffes, de souvenirs ou pour rétribuer les artisans lors des ateliers. Cela facilite aussi les échanges avec les habitants, qui apprécient la simplicité et la proximité du paiement direct.
La communauté Cham est profondément attachée à ses traditions et à sa spiritualité. Lorsque vous visitez le village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan, il est essentiel de toujours demander la permission avant de photographier les artisans ou les habitants, en particulier les femmes au métier à tisser. Pendant les cérémonies religieuses ou les fêtes traditionnelles, les gestes de respect sont encore plus importants : éviter de vous approcher trop près des autels, ne pas interrompre les rituels et saluer discrètement avant toute interaction. Ce respect mutuel vous permettra de créer un lien sincère avec la population locale.
Comme dans de nombreuses régions du Vietnam, les habitants de My Nghiep accordent une grande importance à la tenue vestimentaire, surtout lors des événements spirituels. Pour visiter les tours Cham ou participer aux célébrations religieuses, il est recommandé de porter des vêtements couvrant les épaules et les genoux. Les habits légers en coton ou en lin, de couleur sobre, sont idéaux pour allier respect et confort dans le climat chaud. Une telle tenue témoigne de votre considération pour la culture locale et sera toujours appréciée par vos hôtes.
Depuis Phan Rang, capitale de Ninh Thuan, il ne faut qu’une vingtaine de minutes pour rejoindre le village de tissage de My Nghiep. Les moyens de transport les plus pratiques sont la moto, idéale pour ceux qui aiment voyager en toute liberté, ou le taxi local, plus confortable et adapté aux familles. La route traverse des paysages typiques de la région, entre dunes arides, vignobles et petits troupeaux de moutons. Le trajet devient ainsi une agréable introduction à l’atmosphère unique du village.
Le village de tissage de My Nghiep à Ninh Thuan est bien plus qu’une destination touristique. C’est une rencontre avec l’âme Cham, un héritage vivant qui résiste au temps et aux changements. Chaque fil tissé porte en lui la mémoire d’un peuple, sa fierté et son identité.
Découvrir ce village, c’est non seulement admirer des étoffes magnifiques, mais aussi soutenir une tradition qui mérite de perdurer. Que vous soyez passionné de culture, amateur d’artisanat ou simple curieux, My Nghiep vous offrira une expérience humaine et artistique inoubliable.
Qu’ils aient choisi un circuit court ou une grande aventure au long cours, un itinéraire classique ou hors des sentiers battus, en voiture, à bord d’une jonque, à pied, à vélo ou à moto… nos voyageurs reviennent d’Indochine le cœur rempli d’émotions et de souvenirs inoubliables.
Ils nous confient leurs récits, leurs moments forts, leurs rencontres humaines, leurs découvertes culturelles et naturelles vécues au Vietnam, au Cambodge, au Laos, en Thaïlande ou au Myanmar.
Nous les remercions chaleureusement pour leur confiance accordée à notre équipe, pour l’organisation et la prise en charge de leur séjour. C’est un privilège de les accompagner dans la réalisation de leurs rêves de voyage en Asie du Sud-Est, et c’est aussi ce qui donne tout son sens à notre métier : créer des expériences uniques, sur mesure, et profondément humaines.
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